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Interview de Mme Tina Stridde, Présidente du CmiA sur les actions de son organisation en Côte d’Ivoire

Le CmiA se positionne comme acteur majeur dans la mise en place d’initiatives pour le développement de la culture de coton sur le continent, en vue de favoriser une qualité excellente du coton made in africa. Dans une interview accordée à l’équipe de l’APROCOT-CI, Tina Stridde, la présidente du CmiA revient sur les actions de son organisation en Côte d’Ivoire et sur les perspectives envisageables pour les campagnes futures.

Pouvez-vous nous parler de l’introduction du label CmiA en Côte d’Ivoire et de votre réseau actuel dans le pays ?
La Côte d’Ivoire est un pays producteur de coton qui a une longue histoire commune avec la CmiA. Depuis 2009 déjà, nous avons un partenariat avec Ivoire Coton qui été la première société cotonnière vérifiée selon le standard CmiA. Elle a été suivie par la SECO (lors de la campagne 2013/14), la COIC (campagne 2014/15) et enfin la CIDT (2017/18). Ainsi, une grande partie de la production de coton ivoirienne est vérifiée et certifiée selon une norme de durabilité reconnue au niveau international et peut être proposée en conséquence aux chaînes d’approvisionnement mondiales.

La Côte d’Ivoire est un pays producteur de coton qui a une longue histoire commune avec la CmiA.

Comment pouvez-vous qualifier les différents changements dans la filière depuis votre introduction en CI ?
Une évolution importante que nous constatons est l’amélioration de la mise en réseau et des échanges entre les sociétés cotonnières. Avec la norme CmiA, une orientation est donnée en ce qui concerne les champs thématiques sociaux et écologiques qui contribuent à rendre la culture du coton viable à long terme. Grâce à la coopération avec CmiA, les sociétés cotonnières ont élargi leur champ de vue – on est à la fois concurrent pour la vente du coton, mais on partage des objectifs et des valeurs communs dans un « contexte pré-concurrentiel » et on échange sur les mesures et activités concrètes les plus adaptées au contexte ivoirien pour garantir une culture durable. Actuellement, par exemple, il y a un échange intensif sur la protection des sols.

Quel impact a eu la pandémie à Covid-19 sur les activités de CmiA en Côte d’Ivoire ? Quelle est la stratégie de résilience mise en place ?
Au début de la pandémie, CmiA a réagi rapidement en développant une série de posters pour sensibiliser et donner des conseils concrets à suivre pour la production et l’égrenage du coton graine afin de minimiser le risque de contamination par le virus à corona. Nous sommes satisfaits de l’appropriation et de la bonne utilisation de cet outil par tous les partenaires. De plus, toutes les sociétés cotonnières vérifiées selon la norme CmiA ont reçu un budget pour aider les agriculteurs à respecter les règles d’hygiène, notamment à travers des dispositifs de lavage des mains et du savon qui ont été distribués et mis en place à cet effet.

En raison des mesures de lutte anti COVID-19 au plan national, notamment en ce qui concerne la taille des groupes, les formations destinées aux agriculteurs ont été affectées. Mais dans l’ensemble, il faut dire que les sociétés cotonnières, grâce à leur vaste réseau de conseillers agricoles et à leur ancrage local, ont à notre avis fait un excellent travail et ont pu, malgré toutes les difficultés, soutenir continuellement les agriculteurs autour de la production durable de coton.

Les sociétés cotonnières ont fait un excellent travail et ont pu soutenir continuellement les agriculteurs autour de la production durable de coton.

Pouvez-vous s’ils vous plait nous parler des perspectives pour les campagnes à venir ?
Il est de plus en plus important pour notre travail de mettre en place des stratégies locales d’adaptation au changement climatique et de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Dans ce contexte, nous nous pencherons de plus en plus sur les thèmes liés au sol. Il est important de prévenir l’érosion et d’augmenter la capacité de rétention d’eau des sols, de s’armer contre les fortes pluies, de collecter l’eau de pluie et de la rendre utilisable pour les cultures en période de sécheresse extrême. La préservation de la biodiversité influencera également davantage notre commerce à l’avenir.

Tout cela a pour but de permettre aux habitants des régions rurales de continuer à tirer un revenu rémunérateur de la culture du coton, tout en créant les conditions nécessaires afin que les générations futures puissent également le faire.

Source : cottonmadeinafrica.org