Au Ghana, l’industrie textile, en déclin depuis quelques années, est en quête d’un nouveau souffle, aussi bien à travers de nouveaux projets d’investissement que par la réhabilitation des capacités de production existantes. Accra parie sur cette orientation pour relancer la culture du coton.
Au Ghana, un projet pilote de production de coton est en cours de développement sur une exploitation de plus de 20 hectares située dans la municipalité de Savelugu. Dans un communiqué publié le 27 août dernier, le ministère du Commerce, de l’Agribusiness et de l’Industrie indique que cette initiative, constitue une première étape dans les efforts du gouvernement pour relancer la production cotonnière à grande échelle dans le nord du pays.
Baptisé Northern Cotton Revival Initiative, ce projet est porté par plusieurs partenaires locaux et internationaux avec pour objectif d’établir une ceinture de production cotonnière couvrant plusieurs districts de la région du Nord.
S’exprimant sur le sujet, Elizabeth Ofosu-Adjare, ministre du Commerce, de l’Agribusiness et de l’Industrie, a indiqué que cette démarche destinée à augmenter la production locale de coton « permettrait de fournir une source fiable de matières premières aux fabricants de textiles et de vêtements, de réduire les coûts de production et contribuera à diminuer la facture des importations du pays ».
Une demande existante qui pourrait s’accroître davantage
Cette volonté de développer l’offre locale intervient alors que le Ghana cherche déjà à sécuriser l’approvisionnement de ses unités textiles. En juillet dernier, le président John Dramani Mahama avait indiqué que son gouvernement était en discussions avec le Bénin premier producteur africain de coton, pour conclure un accord d’approvisionnement en fibre de coton destiné à alimenter Volta Star Textiles Limited, une ancienne unité industrielle en cours de réhabilitation située à Juapong, dans la région de la Volta. À son apogée, l’usine disposait d’une capacité de production estimée à environ 26 millions de yards soit près de 24 millions de mètres de tissu par an.
Le recours envisagé au coton béninois illustre ainsi les difficultés actuelles du Ghana à fournir suffisamment de matière première à son industrie textile. Et pour cause, la production cotonnière ghanéenne reste limitée. Selon les données de la FAO, la production de coton graine dans le pays a stagné autour de 28 000 tonnes entre 2020 et 2024 occupant une superficie d’environ 15 000 hectares.
L’enjeu de relancer la production locale est d’autant plus stratégique que la demande de coton pourrait augmenter avec le développement de nouvelles capacités dans l’industrie textile et de l’habillement. Le 28 août 2026, l’usine Northshore Apparel Ghana Ltd, présentée comme un nouveau pôle industriel destiné notamment à la production de vêtements pour des marques internationales, a ainsi été officiellement inaugurée à Savelugu.
D’un coût d’investissement initial de près de 10 millions d’euros (11,6 millions $), le projet, cofinancé par la Ghana Export-Import Bank (GEXIM) et la banque allemande de développement (KfW), est actuellement doté de 50 lignes de couture et emploie plus de 2 300 personnes dans sa première phase de développement.
La nouvelle usine prévoit également de renforcer progressivement son intégration avec l’amont agricole. Selon les informations relayées par l’Agence ghanéenne de presse (GNA) la deuxième phase de développement du projet doit inclure une unité consacrée à la transformation du coton, tandis que la troisième prévoit la mise en place d’un réseau de producteurs locaux (Outgrower scheme) pour assurer son approvisionnement régulier en matière première.
Globalement cette orientation peut contribuer à créer un nouveau débouché industriel pour la production cotonnière locale. Pour Accra, l’enjeu dépasse ainsi la seule relance de la culture de coton. Le gouvernement cherche à reconstruire progressivement une chaîne de valeur intégrée allant de la production de coton à la confection de vêtements, en passant par l’égrenage et la transformation textile. Le principal défi sera toutefois de faire passer la production cotonnière du stade pilote à une échelle suffisamment importante pour répondre durablement aux besoins d’une industrie textile en développement.
Source : agenceecofin.com